La foodification du marketing : pourquoi les codes de l’alimentaire envahissent les campagnes marketing
Observez attentivement les dernières campagnes marketing de géants de la tech, de la cosmétique ou même de l’assurance. Les couleurs sont « juteuses », les textures semblent « fondantes », les packagings brillent comme des glaçages. Vous ne regardez pas une publicité pour une pâtisserie, mais bien pour un service cloud ou une paire d’écouteurs.
C’est ce que nous appelons au sein de l’agence 33 Degrés la « foodification » du marketing.
Dans un monde saturé de contenus froids et dématérialisés, les marques détournent les codes du secteur alimentaire pour stimuler nos instincts les plus primaires. Pourquoi le visuel « gourmand » est-il devenu l’arme fatale du marketing de services ? Comment cette esthétique influence-t-elle la mémorisation et l’acte d’achat ?
La foodification est le processus par lequel une marque intègre les attributs sensoriels du domaine culinaire dans sa communication non-alimentaire. Il s’agit de transformer une offre abstraite (un logiciel, une assurance, une banque) en un objet de désir tangible et quasi comestible.
L’objectif ? Déclencher une réponse dopamine immédiate. En 2026, l’enjeu n’est plus seulement de plaire, mais d’être « dévoré » visuellement. Ce passage de l’information à l’incitation sensorielle est au cœur de notre accompagnement en planning stratégique.
La synesthésie : quand l’œil « goûte » votre service
La science derrière la foodification repose sur la synesthésie, un phénomène neurologique où deux sens se confondent. Devant un visuel publicitaire travaillant les textures (lisse, onctueux, brillant), le cerveau du consommateur ne fait plus de différence entre le « voir » et le « goûter ».
Le marketing limbique : En activant les mêmes zones que la faim, une marque s’assure un temps d’attention bien plus élevé.
La dopamine visuelle : La vue d’une forme arrondie et d’un aspect brillant stimule les centres de la récompense. C’est l’un des secrets de l’attractivité de l’électronique haut de gamme depuis les débuts des iMac G3 colorés (« candy colors »).
Les 3 leviers de l’esthétique alimentaire
Pour appliquer ces codes au service ou au produit technique, le Directeur de Stratégie actionne trois curseurs majeurs :
A. La saturation chromatique
Les couleurs pastels ou froides laissent place aux teintes « fruitées » : jaune acidulé, rose bonbon, vert menthe. Ces teintes évoquent la fraîcheur et la sucrosité.
B. Le rendu haptique (Le toucher visuel)
Le travail sur le reflet est primordial. Le produit doit paraître « humide » ou « glaçé ». Cette brillance rappelle l’aspect d’un aliment sain (un fruit mûr) ou gourmand (une ganache).
C. La proximité de prise de vue (Macro)
Comme en photographie culinaire, on réduit la distance. Le produit est cadré au plus près pour en montrer la « texture ». Un boîtier de smartphone est photographié avec la même tendresse qu’un macaron.
Pourquoi les Directeurs de Stratégie s’en emparent en 2026
Face à la désincarnation digitale poussée par l’IA, le consommateur cherche des repères familiers et sensoriels.
Contrer l’infobésité : Un message « frais et fruité » coupe court au bruit de fond numérique.
Créer de la connivence : L’alimentation est universelle. En adoptant ses codes, une marque technologique se rend instantanément plus accessible et sympathique.
Améliorer la perception de valeur : Tout ce qui a l’air « gourmand » est perçu comme ayant été fabriqué avec plus de soin.
Le passage du produit à l’envie : cas concrets hors-food
La tendance s’illustre particulièrement dans deux secteurs que nous suivons :
Le SaaS (Logiciels) : Fini les tableaux austères. Les interfaces logicielles actuelles utilisent des boutons bombés (les fameux « glassmorphism ») et des palettes de couleurs empruntées aux confiseries. On ne navigue plus dans un menu, on sélectionne une douceur.
La Cosmétique : Elle a été la première à basculer. On ne se « crème » plus, on applique des « yaourts pour le corps » ou des « boosters fruités ». Les codes visuels sont indissociables du culinaire (pot de confiture, pipette de jus).
Conclusion : du conseil stratégique à l’impact sensoriel
En 2026, la « froideur » est le poison de l’attraction. Réintroduire de l’organique, de la texture et du « miam » dans une stratégie de service n’est pas une simple coquetterie esthétique, c’est un impératif biologique.
En actionnant ces leviers culinaires, votre marque gagne une dimension émotionnelle rare, capable de transformer un simple utilisateur en un consommateur affamé de vos services.
Vous souhaitez auditer la « saveur » de vos campagnes ? Notre pôle analyse des tendances et stratégie marketing accompagne les marques les plus audacieuses dans la définition de leur signature sensorielle.